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Paru en Mai 2018, l’ouvrage « Résister aux grands projets inutiles et imposés- De Notre-Dame-Des-Landes à Bure- est un essai politique (N’ayons pas peur de le lire !) optimiste et vivifiant co-écrit par un collectif pluridisciplinaire. Il ouvre des pistes de réflexion pour comprendre les mobilisations territoriales où s’engagent autant de militants aguerris que de citoyens ordinaires, d’habitants ou d’occupants ; faisant de ces lieux un nouveau cadre des luttes écologiques.

 

« Résister aux grands projets inutiles et imposés- De Notre-Dame-Des-Landes à Bure » posait son point final alors que  le gouvernement décidait d’abandonner plusieurs grands projets d’infrastructures (Aéroport de Notre-dame-des-Landes ; projet autoroutier A45 entre Lyon et St Etienne).


L’ouvrage se veut didactique et il l’est !
En cinq chapitres, les auteurs déroulent une vision optimiste de ces mouvements qui régénèrent les modes d’actions, de réflexions, d’échanges fondés sur une réappropriation du lieu mettant en avant un attachement affectif et émotionnel de ses habitants mais aussi plus rationnellement, un droit au Territoire : droit de choisir un mode de vie, de cultiver et planter ses semences, d’habiter, de s’opposer à sa dégradation…


« Grands projets inutiles et imposés » ?
Revisitant l’histoire de ces mouvements en introduction, qui se sont multipliés au cours des dernières années (Larzac, Golfech… ) mais qui selon les auteurs ont toujours existé depuis le XIXe siècle avec l’arrivée notamment du chemin de fer, ils donnent les grandes caractéristiques aujourd’hui de ces « grands projets inutiles et imposés » : coût très élevé, financement public-privé ou consortium, conflits d’intérêts, études d’impacts environnementaux minimalistes et enfin « les territoires d’implantations de ces projets sont souvent considérés par les décideurs comme périphériques et pouvant être sacrifiés pour le bénéfice du plus grand nombre. »


Le qualificatif  « NIMBY » remis en cause
Le chapitre 2 expose  le jeu d’opposition entre décideurs et opposants et remet en cause le qualificatif de « NIMBY » (« Not In My BackYard », qui signifie « pas dans mon arrière-cour ») utilisé par les ingénieurs et aménageurs pour disqualifier les mouvements de contestation qui s’opposent aux projets qu’ils portent. La « résistance éclairée », proposée par Léa Sébastien (géographe du Collectif  ayant commis cet ouvrage) donne une autre analyse de ces mouvements sociaux qui peuvent être considérés comme initiateurs de débats démocratiques, lieux de développement de liens sociaux, vecteurs d’attachement au territoire et de positionnement politique.


Et « l’intérêt général » dans tout ça ?
Les chapitres suivants, stimulent les questionnements sur l’intérêt général ou les intérêts généraux que posent ces contestations territoriales : l’intérêt général, pour quoi ? Pour la croissance économique ou pour la préservation des ressources naturelles ? Ou Comment ? En conservant les ressources existantes, ou en compensant leur destruction ?
Selon le collectif, les outils institutionnels de la gouvernance (enquête ou débat public) sont utilisés pour renforcer la légitimité de la décision publique ; il précise que plusieurs projets ont été déclarés « d’utilité publique » en dépit d’avis défavorables de leurs enquêtes publiques.


« Le territoire ou comment re-politiser le débat ? » Là est la question…
Cette absence de prise en compte amène alors à utiliser d’autres moyens d’opposition, telle que l’occupation de l’espace par exemple, parfois en dehors de la légalité où va alors se mettre en place une situation de blocage : les opposants contestent la légitimité des institutions, les institutions contestent la légitimité des opposants…
Pour le collectif, l’histoire de cette opposition ne se pose pas ainsi, elle est le point de départ des réponses à imaginer à partir de la question : « le territoire ou comment re-politiser le débat ? » rappelant alors le rôle de l’usine au XIXe siècle en tant qu’instrument des luttes.


… Qui devra répondre à la question environnementale

C’est une proposition positive que présente l’ouvrage où le conflit ne doit pas faire peur mais appeler à  une « résistance éclairée ». « Ces luttes territoriales introduisent une reconfiguration des liens sociaux, une acquisition et un échange des savoirs très divers (techniques, institutionnels, juridiques…). Ils offrent à la fois un sujet politique (les opposants ancrés dans les lieux) et un objet spécifique (les territoires menacés par ses projets) à partir desquels il serait possible de construire un véritable processus de re-politisation de la question environnementale.»

> Pour les plus curieux :

 Le collectif « Des plumes dans le goudron », auteur de l’ouvrage se compose de quatre chercheurs: Anahita Grisoni, sociologue, a travaillé sur le mouvement de résistance au TGV Lyon-Turin ; Julien Milanesi, économiste toulousain( Maître de conférences à l’Université Toulouse 3 Paul Sabatier, Sciences Économiques, chercheur au CERTOP ( Unité de recherche pluridisciplinaire sous la Tutelle de l’Université de Toulouse)  ; il est coréalisateur du documentaire L’intérêt général et moi ; Jérôme Pelenc, géographe, impliqué dans la lutte contre la maxi-prison de Haren à Bruxelles et Léa Sébastien, géographe, impliquée dans la lutte contre une décharge en Essonne.



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