St Sever/ Larbey  - 40

…C’est la carte blanche d’Anne-Laure Verges –responsable de la vie sociale- au Café Culturel associatif Boissec, lieu situé en pleine ruralité, au cœur de la Chalosse, dans une commune de 250 habitants. On y pénètre par différentes activités comme l’ont fait Clément, éleveur et Marie, fromagère, tous deux bénévoles aussi dans ce lieu.


Pourquoi ce choix ? «
 Je suis leur projet depuis le début, ce sont des amis maintenant. Ils travaillent de manière naturelle. Ils mêlent leur façon de vivre à leur façon de travailler. Ils sont vrais. Point commun avec nous, ce sont des agriculteurs avec une philosophie militante et ils cultivent l’entraide en tant qu’acteurs du  territoire… Alors là, on peut dire que chacun a fait son bout de chemin vers l’autre. Ils animent aussi une émission radio, la main au panier, ont créé un label « l’agriculture poétique ». Ils sont très actifs."

Clément Baillet éleveur à La Ferme Bacotte à St Sever
La Ferme Bacotte propose des fromages et autres produits laitiers à partir de chèvres des Pyrénées. Une agriculture du bon sens raconte Clément Baillet qui, à travers cette expression, apporte la garantie que les animaux ont été élevés en plein air intégral, en respectant leur bien-être et leur saisonnalité, sans produits chimiques ni hormones.

«J’ai repris la ferme de mes grands parents mais auparavant j’ai un peu galéré pour savoir ce que je voulais faire de ma vie… Et puis cela est apparu comme une évidence. J’ai démarré à 23 ans en 2010 avec une activité petite de plein air, un atelier d’oies aujourd’hui arrêté. En 2009, il y a eu la tempête et je me demandais comment nettoyer tous les bois… J’ai donc eu 8 chèvres des pyrénées, puis 20, 50  et aujourd’hui 150. Pour la petite histoire, il y avait au milieu du XIXe siècle un million de brebis, 350 000 chèvres qui venaient passer l’hiver ici dans notre département,  le Gers et le Lot-et-Garonne… Le plus gros cheptel ovin était dans cette région alors. La chèvre appelée la vache du pauvre a aussi comme qualité de savoir mener les troupeaux de brebis et son lait pouvait remplacer le lait maternel. Il y a de vielles cartes postales retrouvées par un collectionneur qui montrent sa présence dans toute la France et en Europe aussi. Le BTS agricole, ce n’est pas suffisant pour ce métier, encore plus aujourd’hui. En tant que chevrier, c’est ma rencontre avec un éleveur du coin qui, avec ses 30 ans d’expérience, m’a tout appris de l’élevage, du pastoralisme… et de la nécessité de savoir observer. Au fur et à mesure, les portes se sont ouvertes, j’étais pris au sérieux, je voyais aussi la direction à prendre pour la ferme. La propriété comprend aujourd’hui plus de 100 ha dont 5 appartiennent au GAEC, le reste est propriété de la commune et du département. On entretient un paysage, je dis souvent nous sommes des artisans du paysage. On a créé un outil qui rend service sur un lieu mais aussi au final aux contribuables. L’agribashing, on ne connaît pas ici ! Nous faisons la démonstration chaque jour que ce type d’élevage à taille humaine est possible. Pour être précis, la ferme Bacotte, c’est aussi une centaine de porcs gascons, 3 vaches bordelaises, des poules gasconnes et depuis 2014 l’activité fromagère de Marie Fisher, une amie, associée au GAEC. Notre production est vendue pour l’essentiel à travers une boutique, l’Atout fermier, créée voici 6 ans à Saint Sever qui regroupe 95 producteurs locaux aujourd’hui et qui comprend 2 salariés. On organise aussi des ateliers gourmands notamment avec le  café Boissec, mais on créé des événements depuis que l’on a déposé le label de l’agriculture poétique, pied de nez au label AB. On est passé à l’émission Carnet de Campagne  sur France Inter et c’est parti… On a créé  une asso, une charte philosophique, on a  démarré avec 6 gardiens de la paix, les sages en quelque sorte de l'asso. Aujourd’hui il y a de multiples demandes d’adhésions . L’idée étant de faire de la vulgarisation, de parler et d’échanger sur ce que l’on fait. Et on a créé « le sommet mondial de l’agriculture poétique » qui a lieu en septembre. Beaucoup encore serait à raconter sur la ferme, que le soir on peut entendre de la trompette ou du saxo… »

 

 Entre nous :
> Grande satisfaction : "que l’on vit à deux sur le GAEC, que le sommet mondial de l’agriculture poétique regroupe à chaque fois plus de 500 personnes»
> Solutions à trouver prochainement ? «que l’on parle beaucoup, que la parole entendue  émanent de personnes non légitimes… que le sens critique n’est plus  là… je suis à la recherche de solutions sur la régulation de l’information en quelque sorte… »

Je m’engage à apporter mon expérience sur un projet similaire : Clément baillet : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Pour les plus curieux :
Ferme Bacotte  : https://www.facebook.com/fermebacotte/
L’agriculture poétique : https://agriculture-poetique.com/a-propos/
L’atout fermier : https://www.facebook.com/latoutfermier/
Le café culturel  associatif Boissec : http://www.sacdebilles.fr/cafe-boissec

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