Périgueux 24

Ils sont maraîchers, éleveurs, arboriculteurs… et ont fait le choix de se regrouper pour fournir les cantines scolaires dans un secteur où la concurrence est de plus en plus rude. Ils mettent en avant qualité, saisonnalité, proximité auprès de leurs interlocuteurs de plus en plus sensibles à ces aspects. Résultats : l’association est passée de 30 à 100 tonnes de production et ne manque pas de projets.

 

L’association « Manger bio Périgord » est née en 2012, sous une autre appellation au départ, de la volonté de quelques agriculteurs bio installés près de Montpon-Ménestérol (24) qui faisaient le constat que leurs enfants mangeaient mal à la cantine alors que leur production était de qualité, locale et bio.
Le regroupement et la vente directe leur ont semblé une solution pour aborder le marché des cantines scolaires.


La qualité, une production sans pesticide… sont importants
Six ans après, l’association fournit une cinquantaine de clients, de la petite école à la cuisine centrale en passant par les lycées et collèges, autrement dit, de l’établissement qui propose 25 repas par jour à celui qui atteint les 1800 repas.
À ce jour, à une ou deux exceptions près, comme le collège de Belvès qui propose 100 % de produits bio, les autres établissements ne dépassent pas les 50 % mais avec la volonté pour la plupart de faire progresser le pourcentage.
« La demande augmente, nos interlocuteurs sont de plus sensibles à l’alimentation durable et saine, à ce qui est local. Dans les marchés publics auxquels nous répondons, la qualité, une production sans pesticide… sont importants dans le choix de nos clients, le prix n’est pas le seul critère bien que nous ne soyons pas toujours plus chers » raconte Mathilde Chaland, jeune salariée et coordinatrice de l’association.


Un problème, une solution
Si les signes sont au vert aujourd’hui, l’association avec sa trentaine d’adhérents (producteurs et transformateurs…) a bien failli mettre la clé sous la porte voici une année. Non parce que la demande n’était pas là mais parce que le service livraison effectué en interne ne permettait pas d’approvisionner avec régularité les établissements. « L’association a dû réagir, le petit camion qu’elle avait n’était pas la solution. Elle a donc fait le choix de déménager vers Périgueux, d’avoir sur le même site, ses bureaux, ses chambres froides et de faire appel à un prestataire extérieur pour la livraison et tout est rentré dans l’ordre aujourd’hui » poursuit notre interlocutrice.

 


L’appartenance à un  réseau…
D’autres solutions ont dû également se mettre en place lors des aléas météo que peut connaître la production locale mettant l’association en difficulté de répondre à la demande. « Nos clients et c’est normal ont des exigences notamment lors des précommandes et ils ont besoin d’avoir l’assurance que nous pourrons les fournir en temps voulu, nous nous appuyons dans ce cas sur le réseau « Manger Bio » regroupé en Fédération et sur la Biocoop Restauration, la maison mère des Biocoop, structure qui est adhérente à l’association. Cette aide correspond à 20 % des commandes et dans certains cas peut monter jusqu’à 50 % »


Des prix fixes établis par les agriculteurs-adhérents
Du côté des adhérents de l’association, en grande majorité des producteurs, la contractualisation a aussi été une solution, mise en place voici un an, afin d’assurer à chacun l’achat d’une production et cela à un prix connu. « Les prix sont désormais fixés à l’année, et ne bougent pas quelle que soit la période. Ils sont établis par les adhérents eux-mêmes. C’est ainsi que la production est passée de 30 à 100 tonnes. L’objectif est de maintenir et développer une agriculture bio avant tout en fournissant une production qualitative. La marge de l’association est faible pour pouvoir revendre à un tarif concurrentiel auprès des cantines » poursuit la jeune salariée qui est sur tous les fronts, tel un couteau suisse, comme elle définit avec humour et le sourire, son poste.


A la recherche d’un nouveau créneau
Demain la volonté de « Manger bio Périgord » serait d’aller vers la restauration locale
afin d’assurer une activité sur douze mois « Même si nous assurons l’approvisionnement de quelques cantines durant l’été, nos clients ferment pendant deux mois, d’où notre réflexion d’aller vers la  restauration privée d’autant que la Dordogne est pourvue en établissements» conclut notre interlocutrice.



Entre nous :

> Grande satisfaction : « Voir les enfants contents… Mes petites-nièces m’ont dit cette semaine : « qu’est-ce qu’elles étaient bonnes tes fraises !  Ce n’est pas grand mais c’est essentiel ».



> Solutions à trouver prochainement ? « La concurrence, lors des marchés publics mais pas seulement, car des grands groupes s’intéressent de plus en plus à la production et ils pourraient déstabiliser celle qui existe et qui fonctionne bien ».




Pour les plus curieux : www.mangerbioperigord.fr


Je m’engage à apporter mon expérience sur un projet similaire. Vous pouvez me contacter : 

Mathilde Chaland : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   -   Tél. : 06.40.05.39.78

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