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Lasseube - 64

Depuis des décennies, les scientifiques démontrent l’urgence à agir sur la biodiversité. Mais alors que l’intention d’agir se fait de plus en plus pressente, le passage à l’action se fait attendre. Et si celui-ci avait pour levier notre attachement au lieu et à la nature qui nous entoure, à la prise en compte de ce que l’on veut en tant qu’habitant sur ce territoire. Dans les Pyrénées-Atlantiques une commune n’a pas hésité à faire appel aux  sciences participatives pour agir.

 

« Les constats multiples des scientifiques, la loi sur la nature en 1976, les politiques publiques mises en place à travers l’agenda 21 notamment, le travail actif des associations de la nature… tout cela n’arrête pas, d’une part, le processus de déclin de la biodiversité et, d’autre part, ne nous fait pas prendre conscience qu’en tant que citoyens il faut agir vite. Où cela cloche t-il ? On dispose  pourtant tous de ces connaissances, mais au final, nous a-t-on demandé notre avis en tant que citoyen ? » C’est l’une des questions que s’est posée Sylvie Houte, ingénieur au CNRS.


La conservation de la biodiversité, n’implique pas le citoyen
Pour y répondre, en 2011 Sylvie Houte dresse un constat, un constat d’échec sur les stratégies de conservation de la biodiversité, car pour elle, elles n’impliquent pas le citoyen. Elle mène alors un travail de réflexion multidisciplinaire ; les informations recueillies, les solutions envisagées sont ainsi passées au crible des sciences sociales, de la psychologie, des disciplines liées aux théories de l’engagement, du comportement, des biens communs, de l’apprentissage, de l’éducation populaire : « J’ai recherché des dispositifs participatifs en considérant les habitants d’un territoire comme les nouveaux acteurs qui, par leur attachement au lieu, leur appropriation à celui-ci, vont vouloir s’impliquer et s’engager à conserver la biodiversité.»


Le programme « Mon village, espace de biodiversité »
C’est ainsi qu’est né le programme « mon village, espace de biodiversité » , qui aujourd’hui prend moins de 10% de son temps de chercheuse, et qu’elle va appliquer avec succès de 2012 à 2017, à raison d’un accompagnement de 3 à 6 communes par an, sur les 23 communes situées dans le département des Deux-Sèvres, près de Chizé (territoire de 450 km2 sur lequel la chercheuse intervient dans ses travaux de recherche habituellement).
Le projet, idéalement mené à l’échelle d’une commune, consiste à construire ensemble un programme impliquant toutes les structures scolaires du territoire qui vont retrouver le chemin de la nature, l’observer et relever des données, inviter les habitants de la commune, toutes les associations sans exception pour que chacun exprime ses souhaits, partage les idées en matière d’environnement pour sa commune…


Les relations avec la nature influencent nos choix de vie
« Cela peut passer demain par la construction d’abris à insecte, la mise en place de rucher… car les relations que nous construisons avec la nature, avec laquelle aujourd’hui les jeunes sont de moins en moins en contact, influencent nos représentations, et vont donc influencer à leur tour nos choix de vie, notre implication en faveur de la biodiversité. »


Lasseube, lieu  d’expérimentation en cours
A Lasseube , commune des Pyrénées-Atlantiques de 1800 habitants dont 35% de la superficie est boisée, les élus ont fait le choix d’entreprendre la démarche proposée par Sylvie Houte, qui est venue présenter le dispositif voici quelques mois, n’hésitant pas à venir dans toutes les régions, pour initier la prise de conscience du pouvoir d’agir dans l’action environnementale.


« … une mise en œuvre de la démocratie participative voulue par les élus»

« En tant qu’élus, nous parlons d’une démarche de cohésion sociale, car elle concerne tous les habitants de la commune. Dans ce but « Mon village, espace de biodiversité » est le chemin que l’on va prendre. Tous ensemble, du plus jeune au plus âgé, on va découvrir, répertorier la richesse de notre territoire que nous ne connaissons pas forcément, puis se l’approprier pour ensuite le protéger » raconte Hervé Madéo, chargé des Finances. À ses côtés, Corinne Massoué, adjointe à l’environnement (fonction rare dans une commune de cette taille) précise : « C’est une mise en œuvre de la démocratie participative voulue par les élus qui nécessitent d’impliquer le maximum de personnes et de trouver des  financements complémentaires que nous avons eus auprès de la région et que nous continuerons à chercher demain. »
L’équipe municipale a choisi d’être accompagnée par Ecocène (association paloise ayant pour vocation de sensibiliser aux enjeux environnementaux) pour coordonner et animer le programme avec la collaboration du Conservatoire d’Espaces  Naturels.


Entre nous :

> Grande satisfaction : « C’est une  aventure humaine importante. Mais j’aimerais en voir les résultats, pouvoir ainsi mesurer l’effet de cette émancipation citoyenne, de ce pouvoir à agir, à prendre en charge le bien-être des habitants sur leur territoire. J’ai dégagé 5 à 10% de mon temps en faveur de la recherche-action. »
> Solutions à trouver prochainement ? « Arriver à développer ce libre arbitre d’ici 10 ans. Il faut que les enfants d’aujourd’hui soient reconnectés à la nature, car qui défendra demain celle-ci auprès de ceux qui nous gouverneront. »




Je m’engage à apporter mon expérience sur un projet similaire : Syvie Houte - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sylvie Houte se déplace à titre gracieux pour présenter son programme. Seuls les frais de déplacement sont à la charge du demandeur.


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