La LETTRE

Lettre N° 61 - Septembre 2026
Lettre N° 60 - Août 2026

 

LIGNE ÉDITORIALE

ICI, tout va bien est né en 2017. Dans sa version actuelle démarrée avec le numéro de mars 2021, ITVB veut plus qu’hier faciliter le déclic du passage à l’action, de la co-construction, de l’envie de faire avec, de se remettre en phase avec le vivant, de s’impliquer ponctuellement ou à long terme dans un projet à travers la mise en avant de récits proches de chez nous* et parfois plus loin.

Marie-Hélène Lopez

Point commun de ces initiatives, solutions ou pratiques innovantes : elles sont vectrices d’émancipation, de mieux-être, de sens par leur parti-pris environnemental, leur modèle économique et social, leur gouvernance aussi.

Poursuivre le journalisme positif, bien sûr, reposant sur de nouveaux imaginaires, des envies de possibles en appuyant sur l’engagement et les énergies collectives.

L’art, la culture, seront des leviers toujours essentiels dans ce devenir proche.

Les forces pour agir sont là, à nous de les saisir.

« Il n’y a pas de lendemains qui chantent, il n’y a que des aujourd’hui qui bruissent » selon « les furtifs » d’Alain Damasio.

Marie-Hélène Lopez, journaliste, responsable de la Publication.

*Territoire d’information : les départements 24, 31, 32, 33, 40, 47, 64, 65.

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Toulouse | 31

Faire émerger la parole, créer un espace de réflexion collective, permettre le dialogue sur les thèmes de la laïcité, de la lutte contre toute forme de discriminations... Autant de demandes formulées aujourd’hui par des écoles, des collèges qui ont amené une compagnie de théâtre à animer des spectacles de théâtre-forum.

Outil de réflexion collective, le théâtre forum s’est invité,  pourrait-on dire à la compagnie la Caravole,  en 2012 : « Alors que nous étions sur des spectacles burlesques, de clowns pour enfants, la demande  s’est portée sur une pédagogie interactive qui aborderait  les relations parents-ado.  Le  théâtre-forum est pleinement interactif, il permet de comprendre  certains fonctionnements,  ce qui se joue  dans des relations conflictuelles, de discuter les conséquences des actes joués. Nous nous sommes donc formés à ce théâtre,  qui n’est pas  particulièrement reconnu dans le milieu de la culture » précise Sylvie Bruyère comédienne et intervenante pour le  Théâtre-forum auprès de  la compagnie la Caravole.

Ateliers et spectacles interactifs
 Aujourd’hui présente plus particulièrement  auprès des collèges    sur  le département de la Haute-Garonne,  la compagnie la Caravole  anime des spectacles  de théâtre-forum à  travers deux propositions : des   ateliers mettant en place des saynètes  écrites avec la comédienne par  le groupe, qui ensuite, les jouera ou des spectacles interactifs avec des comédien-ne-s jouant des situations de la vie quotidienne sur un thème choisi  comprenant   des moments où les membres « du public » sont invités à faire des propositions.

«  Il  prend en compte les émotions… plus que les idées… »
Le Théâtre-forum   ne serait pas un moyen de trouver  la solution  au problème mais de rechercher une résolution non-violente au(x) conflit(s).  « Le Théâtre-forum    prend en compte les émotions, les relations sociales plus que les idées. On est dans le jeu social,  de  la transformation sociale,  on s’exerce à se positionner autrement sans jugement. C’est un outil aussi de la reformulation, dire sans blesser et en plus il permet l’humour » dit en souriant Béatrice Forêt, comédienne et intervenante également pour le  Théâtre-forum  auprès de la Compagnie la Caravole.

« Tout le monde peut être acteur, monter sur scène »
On retrouve de plus en plus le théâtre-forum dans les formations attenantes au secteur de l’action sociale, du  médico-social, de l’éducation nationale.  Il ne serait  pas encore très présent dans le monde de l’entreprise. « On pourrait cependant dire qu’il rentre par la fenêtre un peu partout. On fait appel à lui car c’est un théâtre à 100% participatif, créatif, positif et très gratifiant pour les jeunes, mais pour tous également. Tout le monde peut être acteur, monter sur scène, donner son avis et être écouté.  Augusto Boal son créateur, parlait de spect’acteur, de citoyen-acteur. Il était pour lui le  théâtre de l’opprimé fait par le peuple et pour le peuple  » souligne Béatrice Forêt.  
« C’est un théâtre plein d’avenir, d’autant plus avec ce que l’on traverse,  suite à la période du confinement. On aura  besoin de travailler sur le commun, le nous,   de plus en plus. C’est un outil de réflexion collective théâtralisé qui le permet  » complète Sylvie Bruyère.



Les Trois coups ! Selon Sylvie Bruyère  et Béatrice Forêt






> Coup de chapeau : « Evidemment à  Augusto Boal, qui a initié  le théâtre forum au Brésil. Il l’a créé durant la dictature comme dispositif émancipateur pour les populations vivant diverses situations d’oppression et  il l’a ensuite diffusé en France à partir des années  70  en créant le Centre du Théâtre de l'opprimé et plusieurs compagnies »






> Coup de main : « Le théâtre forum pourrait dénouer des situations dans certains  quartiers   des villes,  c’est un théâtre de relations. Il   aurait   besoin pour cela  d’un coup de main  des  élus  pour son financement »


>  Coup de projecteur : « Découvrir ou redécouvrir les mots sont des fenêtres  de Marshall Bertram Rosenberg… Il est important d’aller chercher vers  les outils de la non-violence »



 Pour les plus curieux : La compagnie la Caravole      https://lacaravole.fr/

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