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Aujourd’hui, les classes en Langues des Signes Françaises (LSF), classes d’enfants sourds où toutes les matières sont enseignées dans une vraie langue des signes se développent. Plus rares sont les filières complètes qui vont de la maternelle au Lycée. Dans l’Académie de Toulouse c’est le cas avec une particularité puisqu’à Ramonville, l’école primaire mêle enfants sourds et entendants. Une mixité qui fonctionne plutôt bien.


Depuis plus d’une dizaine d’années, l’école primaire Jean-Jaurès à Ramonville accueille dans son effectif un tiers d’enfants sourds qui suivent un enseignement identique à ceux des entendants. Cette mixité est le résultat d’un travail commencé voici 30 ans, raconte son directeur. " Il faut se rappeler que l’association IRIS a eu un combat militant, on peut le dire, pour faire reconnaître la LSF comme une langue à part entière et faire reconnaître ses intervenants qui étaient sourds et rompus à la langue des signes auprès de l’éducation nationale ".
Ce n’est que depuis 2005 que la loi a reconnu le statut de « langue » à la LSF. Elle était perçue par les autorités jusque-là comme une sorte de « patois gestuel » de substitution alors qu’elle dispose d’une syntaxe et d’un lexique de signes propres. Le français étant pour ses enfants considéré comme leur deuxième langue.


Professeurs distincts et activités communes
À Jean-Jaurès, les classes de LSF accueillent entre 12 et 16 élèves tandis que les autres peuvent atteindre 29 aujourd’hui. Leurs professeurs sont sourds ou malentendants (et ils sont accompagnés d’un assistant). Tous dispensent en LSF les cours du programme de l’éducation nationale classique. Dans cet apprentissage, le vidéoprojecteur et l’ordinateur individuel sont devenus des outils pédagogiques indispensables.
Les enfants l’utilisent pour travailler et filment ainsi leur gestuelle à partir de la caméra tout en étant corrigés si besoin par l’enseignant. Des logiciels pédagogiques sont également créés par l’équipe des professeurs pour accompagner l’enseignement des différentes matières. Malgré tous ses dispositifs, les enfants sourds scolarisés arrivent bien souvent avec un niveau de français (leur deuxième langue rappelons-le) inférieur en 6e au niveau des entendants.


…On apprend à vivre ensemble très vite…
Pour ce qui est des activités sportives, culturelles et sorties, l’ensemble des 140 élèves de l’école primaire se retrouve de façon régulière.
La cantine et récréation sont des lieux qui favorisent les rencontres et les échanges. La récréation présente toutefois une particularité puisqu’à la fin de celle-ci, pour les uns une sonnerie retentit et pour les autres un gyrophare rouge clignote.
"Quand on a démarré l’accueil des sourds et malentendants, le nombre de nouveaux élèves a été important. Cela a créé une période de déstabilisation et de petites rivalités. Le renouvellement annuel désormais étant moindre (1/5 de l’effectif environ), l’intégration est plus facile, et on apprend à vivre ensemble très vite avec nos différences. Les équipes d’enseignants étant aussi stables, tout le monde travaille main dans la main. Le projet d’école est établi de façon à ce que tout le monde participe" souligne Stéphane Aiello. En CM2, les entendants peuvent également apprendre la LSF. Un tiers des enfants a pris cette option qu’il pourra poursuivre au collège.


Un exemple encore à dupliquer
Si des filières LSF ont commencé à se mettre en place à Poitiers, Lyon et Lille, des familles arrivent encore de loin et parfois de l’étranger pour pouvoir bénéficier de ce cursus qui va donc de la maternelle (située également à Ramonville) jusqu’au lycée sur Toulouse. Une demande qui se solde par une inquiétude chaque année pour le directeur de l’école primaire, de ne pouvoir satisfaire la demande d’inscription d’autant qu’elle s’accompagne d’un changement de vie pour toute une famille qui choisit alors Toulouse pour lieu de vie.

Entre nous

> Grande satisfaction : " Voir que tout le monde s’épanouit et que tout se passe bien pour que tous les enfants aient la chance de devenir des citoyens à part entière ".
> Solutions à trouver prochainement ? " On est confronté à une demande croissante et nous craignons que la réponse ne s’adapte plus suffisamment aux besoins en ce qui concerne le nombre des effectifs à privilégier par classe".


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REDACTION

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