Bagnères-de-Bigorre, le Hourc - 65

Ils sont deux aujourd'hui mais l'envie de transmettre leur expérience à partir de la restauration d'une grange foraine perchée à 1100 m d'altitude pourrait vaincre la montagne. En additionnant les techniques ancestrales aux technologies renouvelables, ils nous font découvrir un patrimoine oublié, une manière de bien vivre et l'élaboration d'un projet artistique comme ouverture à l'échange et au dialogue. La visite peut commencer….


Ils n'avaient pas  envie d'y venir de temps en temps, d'en faire leur résidence secondaire. Non, Fred et Jen Lombard voulaient s'y installer, expérimenter une démarche à partir d'un projet qui consisterait à restaurer une grange. Pour cela ils ont attendu 5 ans avant de trouver le LIEU au dessus de Bagnères-de-Bigorre à 1100 m d'altitude dans la vallée de Lesponne. C'est à ce moment là qu'ils ont quitté Berlin où leur activité artistique les avait mené pour la poursuivre différemment 2000 km plus au sud.
"On avait envie de mêler notre activité intellectuelle à une activité manuelle. L'idée d'une restauration nous est apparue évidente. Originaire de Tarbes je connaissais ce patrimoine pyrénéen du XVIIIe siècle, pour les granges plus anciennes, situé dans la moyenne montagne et qui avaient été abandonné dans les années 50. L'objectif n'était pas de se retirer du monde mais de venir redonner vie à ces paysages et ce patrimoine oublié" raconte Fred.
Un projet qui s'installe dans  une démarche artistique
Avant de se lancer dans l'aventure Fred et Jen ont fait des recherches durant les années où ils étaient en quête de leur endroit. Ils ont rencontré les gens du pays qui ont pu leur raconter le système mis en place par leurs ancêtres, collaborer avec les architectes des bâtiments de France qui les ont accompagné dans leur réflexion de restauration. Nos jeunes propriétaires voulaient comprendre. “Le projet est l'équivalent d'une démarche artistique  qui nécessite de trouver le thème, le support, l'engagement dans la mise en oeuvre, la relation entre le sujet et nous" précise Fred.

Un peu d'histoire…
Pour se faire une idée de l'activité pastorale, une explication est nécessaire. La grange foraine, ainsi nommée car en dehors du village (« forain » tire son origine du mot latin foris qui signifie « en dehors », « à l'extérieur ») était utilisée pour stocker le foin et abriter le troupeau une partie de l'année, que l'on espérait la plus longue, afin de diminuer au maximum la quantité d'alimentation des animaux à transporter au village.
L'été, toute la famille montait emmenant avec elle la basse-cour, les cochons… pour vivre dans cette grange-étable située donc dans les prairies de fauche, entre 800 et 1100 m.
Association de techniques d'hier et d'aujourd'hui
Si l'activité pastorale a cessé depuis longtemps, le paysage lui, est resté avec ses granges foraines, véritable leçon de construction, d'architecture et d'aménagement. L’objectif de nos artisans-artistes a été de mêler tout au long de leur restauration, solutions d'hier, riches en termes d'éco responsabilité comme ils le soulignent et techniques actuelles (petite turbine hydroélectrique…) afin de pouvoir vivre dans une quasi autonomie tout au long de l'année. Comme leurs prédécesseurs ils ont créé un potager en terrasse cultivé en permaculture et pratique la cueillette sauvage.
… Une nouvelle vie, joyeuse et généreuse
Aujourd'hui la restauration de la grange est terminée et le lieu accueille des partenaires en résidence comme des architectes, des artistes, des enseignants… avec la volonté de perpétuer l'échange sur ce lieu, de continuer à ce qu'il soit source de création, d'inventivité. "On sait bien que la montagne ne va pas retrouver son activité d'hier même si demain un berger va venir s'installer ce qui est une très bonne nouvelle.
Après s'être inventé, en quelque sorte, une place au sein de la communauté de la vallée qui a reçu positivement notre projet nous voudrions y inventer une nouvelle vie, joyeuse et généreuse " conclut Jen.

Entre nous

> Grande satisfaction : "Pouvoir vivre et continuer à exercer notre métier artistique sans avoir effectué de rupture ou de choix entre notre lieu et notre démarche. L'écrivain Jim Harrison est un grand inspirateur. "

> Solutions à trouver prochainement ? "C'est de voir que les contraintes réglementaires pourraient nous amener à nous mettre en résistance alors que notre projet est plein de bon sens et respectueux de l'histoire de ce pays. Nous comptons sur nos arguments, notre exemple et le dialogue pour poursuivre l'aventure dans cette vallée". 



Pour les plus curieux  : https://grangeforaine.com/2012/11/13/liens/

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REDACTION

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